La démonstration (1/2)

Classé dans : La démonstration Mots clés : aucun

Première séquence sur la démonstration. Une seconde et dernière séquence arrive bientôt. Encore une fois, il ne s'agit, ici, que de susciter des questions, soulever des problèmes (là où l'on ne les voyait pas forcément). Bref, semer le doute parmi les certitudes; ce qui reste l'essence même de la réflexion philosophique.

Vous y trouverez, cependant, ce qu'est la démonstration, ses limites, mais aussi l'intérêt de ce mode de réflexion qui vise la vérité (notion connexe du programme).

Alors... à table !

PS : Si vous avez des questions ou remarques, je tenterai d'y répondre dans la section "commentaires".

Dans la rubrique "mea culpa, mea maxima culpa" (c'est ma faute, c'est ma très grande faute...), je confesse que j'ai fait une erreur dans cette vidéo en plaçant Riemann et lobatchevski au 20 ème siècle, alors qu'ils ont vécu au 19 ème !!!

7 commentaires

#1  - Marilyn Bonanno a dit :

Bonjour Monsieur Sparagano,

Je vais pouvoir écouter vos cours de philosophie comme au bon vieux temps (23 ans déjà!!)
Je vais en profiter pour initier ma fille. Bonne continuation et prenez soin de vous.
Marilyn BONANNO (lycée Mozart Blanc Mesnil)

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#2  - michel sparagano a dit :

ça alors,

Des nouvelles de ma sicilienne du Blanc-Mesnil !!!
Des images remontent : une classe transplantée à la montagne, les "24 heures du coeur", bien sûr, le Forum Café de mon pote Kamel..
Trop de questions à te poser. Je te propose que l'on prolonge ces retrouvailles ailleurs que sur ce site public. Contacte-moi, si tu veux bien, à mon adresse perso: msparagano@wanadoo.fr.
A très vite
Je t'embrase très fort
Michel

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#3  - Nathalie a dit :

Bravo pour le format proposé.
Je vais en parler à mon fils qui est en terminal.
Essayer de vous faire connaître un peu plus.
Merci

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#4  - Julie M. a dit :

Beaucoup de pédagogie qui pourrait faire oublier la question pourtant essentielle de ce cours : de quelle Vérité (ou quelles vérités) parle-t-on ? Car enfin, si le but de la démonstration est le raisonnement par lequel on établit la vérité d'une proposition, encore faut-il définir la vérité...

On comprend ici que le professeur a une vision très particulière de cette dernière : la vérité précèderait l'homme, ou plutôt, aurait une existence indépendante de ce dernier. Le but de l'homme serait de l'atteindre, de la découvrir. On ridiculise alors l'induction (et ridiculiser, c'est comme commencer ça phrase par "ben", généralement, il y anguille sous roche), et on place le raisonnement hypothético-déductif sur un piédestal.

Les lycéens faisant des sciences sociales doivent donc se poser la question des méthodologies très inductives développées par ces dernières. Les sciences sociales seraient incapables de démontrer quoi que ce soit ? Ah, on ne va pas pouvoir s’abstenir, non plus, de se poser la question de ce qu'est la science.

L'induction ne conduit pas forcément à la généralisation grossière qui est présentée ici. Les démarches inductives permettent, en accumulant du matériau empirique, de mettre en évidence des mécanismes qui deviennent des modèles explicatifs de la réalité. (Car, quel intérêt, en sciences sociales, d'ériger des théorèmes qui n'auraient aucune application concrète ?)

La vérité existe-t-elle sans la pensée humaine ? L'homme trouve-t-il la vérité ou la construit-il ? En s'abstenant de définir les concepts, on peut jouer intellectuellement, mais parler de démonstration sans poser la question de la vérité conduit malheureusement à une hiérarchisation dangereuse des différentes méthodes scientifiques.

Le lycéen curieux pourra se tourner vers un texte de Ian Hacking, issu d'un cours du collège de France, qui met en évidence six "styles de pensée scientifique"
1) Les mathématiques, (1a) Le style géométrique, (1b) Le style combinatoire.
2) Le style du laboratoire (des instruments, de la création des phénomènes,de la mesure).
3) Le style galiléen (de la modélisation hypothétique).
4) Le style taxinomique.5) (5a) Le style des probabilités, (5b) Le style statistique.
6) Le style « historico-génétique ».

La question de la démonstration y est abordée...

"Les normes de la rationalité ont évolué."

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#5  - Michel a dit :

Bonjour Julie,

Toutes vos remarques sont pertinentes, à commencer par celle de savoir si la vérité existe indépendamment de l'homme. Je ne suis pas tenté par l'idéalisme pur de Berkeley et ma réponse est "non". Difficile cependant d'être exhaustif en deux vidéos de 30 mn. En temps normal, dans ma classe, non confiné, j'aurais pris le temps d'aborder cette question. D'ailleurs le commentaire qui accompagnait ces vidéos parlait de la "subjectivité générale" de Kant, en l'évoquant comme une piste possible.
Donc, ce genre d'échange me permet d'être un peu moins allusif et je vous en remercie.
L'idée d'Emmanuel Kant est que la vérité est forcément humaine et néanmoins unique. En effet, l'être humain a une sensibilité d'être humain qui le rend sensible à certaines choses et pas à d'autres et le rend sensible d'une certaine façon et pas d'une autre. Idem pour son entendement. Schématiquement, nos concepts sont des outils qui ressemblent à un ciseau à bois. S'ils sont fins, nous travaillons le monde finement, s'ils sont gros, notre travail est grossier.
De sorte que, sensibilité humaine + entendement humain = vérité humaine
Le théorème de Pythagore est vrai aujourd'hui, comme hier, pour un toulousain ou un guatémaltèque, mais, si Dieu existe, il doit se marrer à nous voir faire de la géométrie !!!
Nos vérités sont donc "subjectives" pour Kant (en ce sens qu'elles ne sont valables que pour l'espèce humaine) et "générales"( en ce sens qu'elles sont les mêmes pour tous les êtres humains). La vérité n'est donc ni subjective (pas de différence avec l'opinion) ni objective (ne dépendrait pas de l'homme), pour Kant.
Quant à l'induction, elle ne mène pas "forcément" à la généralisation grossière que je dénonce. Vous avez raison, mais elle y mène. Je suis comme tout le monde, j'induis beaucoup. La seule chose, c'est que le procédé n'est pas fiable pour un principe-point de départ. Il restait l'intuition comme procédé (pour poser un point de départ), mais vous m'accorderez qu'il n'est pas plus fiable.
Reste que je ne conteste pas l'utilisation de l'induction dans les sciences sociales. Je soulignais juste qu'elle fragilise nos points de départ.
En tout cas, merci de votre contribution
Michel Sparagano

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#6  - Nicolas Rose a dit :

Bonjour Michel,

Parce que je peux bien vous appeler par votre prénom aujourd'hui, 22 ans après.
Je vois par ailleurs que je ne suis pas le seul ancien élève à être encore sous le charme de vos cours uniques, mais cela ne me surprend pas.

C'est Stéphanie et Laetitia qui vous ont retrouvé sur Toulouse actu et qui m'ont envoyé le lien de votre page.
Pour vous remettre en contexte, Toulouse, 1998/1999, Saint Sernin, Terminale L 4.

Vous allez être surpris (si vous vous souvenez de moi) mais je suis professeur de lettres en lycée et collège à Madrid (je travaille dans un lycée français).
Bon, je vais m'arrêter là et ne pas étaler ma vie sur cette page, ce n'est pas le lieu idéal pour cela, mais je tenais à vous saluer, vous et votre travail exceptionnel !
Les élèves ont eu une chance inouïe de vous avoir.

Prenez bien soin de vous Michel, au plaisir de vous revoir sur Toulouse.

Nicolas

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#7  - MSPA a dit :

Salut Nicolas,

Vraiment ce site aura eu un bénéfice imprévu : renouer avec des anciens. Je me souviens très bien de toi et des discussions que nous avions eues, à l'époque. Il me semble que nous avions été boire un verre, il y a quelques années, avec deux autres élèves. Je suis ravi que tu arpentes l'Europe, grâce à l'A.E.F.E. (j'ai fait cela, un temps, après mon année à Saint Sernin, d'ailleurs).
Je me suis, parfois, demandé, si tu avais trouvé ton chemin. Bien content d'avoir de tes nouvelles, collègue !
Je t'embrasse
Michel

P.S: je te donne mon mail perso, au cas ou...: msparagano@wanadoo.fr

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